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Publié le par l'équipe de beauf team

comme quoi Motobecane on en parle vraiment partout: la preuve avec cet article relatant l'histoire de la fameuse mobylette bleue, cet ariticle provient de la presse régionnale d'Alsace
source"site internet du journal d'alsace"






Bleu comme la Mobylette
La mobylette - ou cyclomoteur - a offert un moyen de locomotion bon marché aux personnes à moyens modestes, puis aux adolescents pendant la deuxième moitié du siècle. Pourquoi bleue ? Parce que le modèle le plus populaire, l'AV 88, était et est toujours peint en bleu ciel.

LE CYCLOMOTEUR est son nom administratif. La « mobylette », son nom populaire. La dénomination a longtemps désigné tous les types de deux-roues à moteur non immatriculés et pourvus d'un moteur de moins de 50 cc, y compris les cyclos Peugeot. Seule la deuxième vie du scooter a rendu obsolète le nom commun de mobylette.

L'aventure de la Mobylette, la vraie, aujourd'hui MBK, filiale de Yamaha, est qualifiée par Eric Jaulmes, directeur technique de Motobécane et concepteur de la machine, de « conte de fées». « La Mobylette, écrit-il dans son livre de souvenirs (1), ce fut plus qu'un véhicule, ce fut presque une passion, un art de vivre. Facilité de conduite et légerté avaient remplacé vitesse et performances de la motocyclette. La règlementation favorisait son développement et le prix dépassait à peine celui d'une bicyclette à une époque où la circulation était encore clairsemée». Le premier modèle de Mobylette fut présenté au Salon de 1949. M. Jaulmes suspendit en porte-à-faux dans un cadre de vélo le moteur deux-temps AV3. La transmission primaire était assurée par plateau et courroie trapézoïdale. Le réservoir était placé sous la selle et le phare prenait sur le garde-boue des formes futuristes. Très vite, les innovations se multiplient. En 1952, l'AV33 est équipée d'un embrayage centrifuge. La même année, apparaît la fourche téléscopique. En 1954, le cyclomoteur fut équipé d'un moteur à alésage chromé dur et piston plat. La béquille soudée, le starter au guidon, le frein à tambour à l'arrière, le variateur font de la Mobylette un produit moderne qui contrastait avec les motocyclettes françaises de l'époque, dépassées par la concurrence anglaise ou allemande.

13 MILLIONS DE MOBYLETTES

Le marché fit un triomphe au petit deux-roues : la millionième Mobylette sortit des chaînes de Saint-Quentin (Aisne) en octobre 1955. L'année suivante, Motobécane mit sur le marché l'AV76, une Mobylette construite autour d'une poutre-réservoir en tôle emboutie. 1696 Mobylettes étaient fabriquées journellement en 1960 dont plus de 13 % étaient exportées. En cette fin de siècle, les divers modèles de Mobylettes ont été vendus à 13 millions d'exemplaires ! La Mobylette bleue, l'AV88, le modèle le plus abouti de la marque par sa technicité et sa simplicité, date de 1958. Sa couleur et sa silhouette, enrichie souvent d'une selle deux-places et d'un robuste porte-bagages, parfois d'un tablier de protection, s'inscrivent désormais dans le paysage hexagonal. Elle sillonne les routes de quelques pays européens où elle est fabriquée ou exportée et dans les colonies ou ex-colonies du Maghreb ou d'Afrique. La Mobylette bleue, qui fut encore déclinée en modèles « sportifs », tout-terrain, en vélomoteur de 75 cc, en « Cady », voire en mini-cyclo, fut le mode de transport des milieux modestes. En ville, elle vous transportait sur le lieu de travail sans effort. A la campagne, la Mobylette permettait des trajets de quelques kilomètres qui étaient éprouvants en bicyclette. Sa robustesse autorisait le transport de bagages d'un poids respectable. Dans les années 60 et 70, beaucoup d'adolescents ont connu leurs premiers émois motorisé au guidon d'une Mobylette...

CARRIÈRE AFRICAINE

Aujourd'hui, sa carrière se poursuit sur le continent africain : au Maroc ou en Tunisie où sont implantés des sites d'assemblage, des dizaines de Mobylettes bleues attendent leur propriétaire aux abords des marchés. Au Burkina Faso, Diacfa Industrie assemble 20 à 30 machines par jour (des 851 - ex-AV88, et des Swing) avec une vingtaine de personnes. Au Mali, la société Imacy fabrique la 851 et le Club de MBK, mais aussi des deux-routes Peugeot. D'autres entreprises au Benin ou en Côte d'Ivoire montent la Mobylette à partir de lots de pièces détachées envoyées de France par conteneurs. La trajectoire de l'AV88 a fléchi à la fin de la décennie 70, sous l'effet de l'obligation du port du casque, de la démocratisation de l'automobile et de la concurrence des deux-roues japonais ou italiens, plus attrayants, puis des scooters. La Mobylette bleue n'apparaît plus que rarement sur nos routes, même si elle a conservé des inconditionnels. Une entreprise publique comme la Poste en acquiert plusieurs centaines par an, évidemment peintes en jaune. Equipée d'un moteur mis au goût du jour, elle figure toujours au catalogue de MBK. Sous l'appellation 881.

Le cyclomoteur, un moyen de locomotion bon marché.

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